ALLIANCE DAY 2003

Pourquoi fêter le six février.

La profonde amitié entre les peuples américains et français n'a cessé d'être vivante, à travers les sacrifices et les combats communs pour des valeurs partagées. Fêtes et monuments nous le rappellent. La Société en France des Fils de la Révolution Américaine a voulu donner un relief tout particulier au 225ème anniversaire de la décision la plus porteuse d'avenir de cette histoire commune.

Rappeler cet événement capital, équilibrer le regard réciproque de l'un vers l'autre, tel fut l'objectif de la manifestation organisée la semaine du 6 février 2003 à Paris.

Rappel historique.

Un quart de siècle avant de remettre aux anciennes colonies anglaises devenues Etats Unis, le sort de l'immense territoire de la Louisiane, la France avait permis, par son action, l'indépendance même de ces treize colonies.

Le moment décisif de cette réussite commune s'est joué le 6 février 1778 au coin de la rue Royale à Paris, dans l'appartement de l'Hôtel de Coislin, où résidait Silas Deane, " agent des Colonies Unies " en France. Ce jour-là, couronnement des efforts de Benjamin Franklin, arrivé comme ministre plénipotentiaire un an plus tôt, le représentant du Roi et les commissaires représentant le Congrès Continental, signaient deux traités :

Jusque là, en effet, l'aide française n'avait été qu'officieuse, bien que considérable :

Cependant, réfugié à Valley Forge, battu à diverses reprises par Howe, Washington voyait arriver avec angoisse le moment où il ne pourrait plus tenir.

Conséquences des traités du 6 février 1778.

Six mois plus tard les deux grandes puissances, le Roi George III et ses onze millions de sujets, dont deux millions d'Américains et le Roi d'une France de 28 millions d'habitants étaient en guerre.

Mais, pour la première et seule fois en quatre siècles d'histoire, les Britanniques se retrouvaient seuls devant leur grand adversaire. La diplomatie de Vergennes et Louis XVI avait manœuvré assez habilement pour amener les uns à la neutralité et concéder les contreparties suffisantes à une Espagne réticente pour l'amener à ses côtés.

La suite est bien connue :

amenèrent le gouvernement de George III, incapable de supporter plus longtemps une guerre aussi coûteuse qu'impopulaire, à entrer dans de véritables négociations, aboutissant le 3 septembre 1783 à la paix de Versailles, avec deux signatures le même jour :

 

Pourquoi la France s'était-elle engagée ?

Un objectif :

Le combat des colons pour leur liberté rejoignait la volonté française de rétablir la liberté des mers supprimée par l'exercice incontrôlé et abusif de la domination britannique. Le retour de cette liberté restaurerait un équilibre mondial favorable à un partage équitable du développement économique et commercial, et donc à la paix.

Des moyens :

Or l'effort entrepris par Choiseul pour redonner à la Marine Royale les moyens d'affronter la redoutable Royal Navy avait été poursuivi sous l'impulsion royale et face aux 66 vaisseaux de ligne anglais, les escadres française se ré-équipaient rapidement. Les cinquante mille marins de la Royale étaient en mesure d'affronter les Britanniques, de protéger les convois marchands et leurs livraisons d'équipements ou de ravitaillement, de transporter près de vingt mille fantassins aux Antilles, en Amérique du Nord et sur les autres territoires d'opération en Europe, en Afrique et en Asie. Plus de cinq mille de ces marins et soldats allaient perdre la vie sur le sol ou dans les eaux américaines.

Le responsable :

Contrairement aux autres souverains d'Europe, le plus puissant d'entre eux, le jeune Roi (il a vingt trois ans) Louis XVI, avait le souci d'apporter aux peuples des libertés nouvelles (statut des juifs, des protestants) et des conditions de vie meilleures (ses consignes pour l'hygiène sur les bateaux, en témoignent). Il savait prêcher d'exemple : ainsi quand il impose d'appliquer les recommandations du directeur général des finances pour réduire le train de vie extravagant des écuries royales. Il sut prendre le risque de soutenir une démocratie naissante ...

Les valeurs :

Plus que toute autre nation, la France avait été traversée par la philosophie des lumières. C'est d'ailleurs en se faisant l'adepte des philosophes français comme Montesquieu, Helvétius, Voltaire, Rousseau, l'abbé Raynal, Diderot et dans la ligne de l'Encyclopédie, que Franklin fit " la conquête de l'intelligentsia parisienne ".

Les textes fondateurs des deux grandes républiques du XVIIIème siècle, la Déclaration d'Indépendance aux Etats-Unis et la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen en France " plongèrent leurs racines dans un humus doctrinal voisin ".

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